{"id":104,"date":"2011-01-13T20:39:25","date_gmt":"2011-01-13T20:39:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.thierrydenys.fr\/?p=104"},"modified":"2023-11-01T17:34:21","modified_gmt":"2023-11-01T16:34:21","slug":"104","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thierrydenys.fr\/index.php\/2011\/01\/13\/104\/","title":{"rendered":"Le choc Mumbai&#8230;"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"965\" height=\"387\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.48.13.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-829\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.48.13.jpg 965w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.48.13-300x120.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.48.13-768x308.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 965px) 100vw, 965px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Premier Jour \u00e0 Mumbai.<br>\n<strong>Odeur.<\/strong> A peine pos\u00e9 sur la piste, l\u2019avion est pris dans l\u2019odeur de l\u2019Inde. Impossible<br>\nd\u2019y \u00e9chapper. Permanente, parfois forte et d\u00e9sagr\u00e9able, elle me semble unique.<br>\nM\u00e9lange de chaleur, d\u2019\u00e9pices et d\u2018incapacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer la vie d\u2019un milliard<br>\nd\u2019habitants, c\u2019est la premi\u00e8re sensation \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Rep\u00e8res. De suite ils manquent, de suite tout est diff\u00e9rent, tout va vite. La vie<br>\ngrouille, la foule t\u2019emporte, le flot ininterrompu d\u2019hommes, de femmes, de<br>\nvoitures, de bus, de taxis te saisit. Impossible de prendre le recul n\u00e9cessaire, de<br>\nr\u00e9fl\u00e9chir, je suis dans un taxi\u2026trop cher\u2026\u00e0 peine arriv\u00e9, l\u2019arnaque des plus<br>\nclassiques, le taxi&#8230;Peu importe, c\u2019est la loi ici, si tu h\u00e9sites on r\u00e9tablit d\u2019une<br>\nmiette l\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019ultra riche que tu es et l\u2019ultra pauvre qui conduit le taxi.<br>\nHomme avenant, ouvert, il me raconte sa famille, sa vie, son m\u00e9tier, son salaire.<br>\n53 ! par mois, et il estime que c\u2019est un bon salaire\u2026Son patron, le propri\u00e9taire du<br>\ntaxi, m\u2019a fait payer 15! de plus que le prix normal. Je lui laisse quand m\u00eame un<br>\nbon pourboire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Choc. Premier contact avec la ville, depuis le taxi. La ville se l\u00e8ve. Une couche de<br>\nbrouillard m\u00eal\u00e9e de poussi\u00e8re flotte au dessus de nous, elle semble pr\u00eate \u00e0 se<br>\nposer \u00e0 tout moment, \u00e0 s\u2019installer au coeur de la ville. Le soleil chassera la brume,<br>\nd\u00e9posera la poussi\u00e8re sur le sol. Elle sera partout, ensuite, toute la journ\u00e9e,<br>\nprojet\u00e9e sur les hommes par le mouvement incessant.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Violent. Je le savais que \u00e7a allait \u00eatre violent. Mais pas \u00e0 ce point. Les images<br>\nre\u00e7ues \u00e0 travers la t\u00e9l\u00e9, les magazines, internet, ne peuvent permettre<br>\nd\u2019appr\u00e9hender l\u2019Inde. Combien sont ils \u00e0 dormir par terre dans les rues ? Des<br>\nmilliers ? Des dizaines de milliers ? Et combien vivent dans ces taudis, ces<br>\nbaraquements qui jouxtent la route ? Des dizaines de milliers ? Des centaines de<br>\nmilliers ?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"895\" height=\"682\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.05.37.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-655\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.05.37.jpg 895w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.05.37-300x229.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.05.37-768x585.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 895px) 100vw, 895px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br>\nH\u00f4tel. Pas le choix, en cette p\u00e9riode tout est complet. H\u00f4tel propre mais sans<br>\naucun style, vieux et grin\u00e7ant, on se croirait dans les locaux du KGB en URSS il y<br>\na 20 ans. Parfait pour se reposer, laisser ses affaires en s\u00e9curit\u00e9, pr\u00e9parer la suite.<br>\nM\u00eame un acc\u00e8s internet, et une vue splendide de la chambre, sur l\u2019immeuble en<br>\nruine qui est \u00e0 10 m. On fera avec, je ne suis pas venu pour l\u2019h\u00f4tel. En parlant<br>\nd\u2019h\u00f4tel, tout \u00e9tant complet, il va falloir d\u00e8s demain pr\u00e9voir la suite du voyage.<br>\nAmis visiteurs de cette r\u00e9gion de l\u2019Inde, \u00e9vitez la c\u00f4te Ouest entre le 15 D\u00e9cembre<br>\net le 15 janvier, c\u2019est la pleine p\u00e9riode touristique.<\/p>\n\n\n\n<p>La Rue. Elle se r\u00e9veille lentement, on comprend que <strong>la Rue est un lieu de vie<\/strong>, pas<br>\nsimplement un lieu de passage. Elle s\u2019\u00e9tire, se frotte les yeux, s\u2019assied avant de se<br>\nlever. On y mange, rit, dort, vit\u2026.Magie des couleurs, m\u00eame si toutes ne brillent<br>\npas de a m\u00eame fa\u00e7on. Magie de la Vie. Mais quelle vie ? Comment regarder,<br>\ncomment comprendre, comment accepter, que penser tout simplement ? Les<br>\nrep\u00e8res \u00e0 nouveau manquent.<\/p>\n\n\n\n<p>Toilettes publiques. Passage indispensable apr\u00e8s le th\u00e9 et l\u2019eau du petit d\u00e9jeuner.<br>\nUne autre dimension. 2 Roupies, soit 3 cts d\u2019!. Six ou sept \u00ab toilettes \u00bb, trente<br>\npersonnes qui se lavent, vont aux toilettes, rient\u2026je d\u00e9tonne dans le paysage !<br>\nContent d\u2019\u00eatre un homme, de ne pas avoir \u00e0 toucher quoi que ce soit. Mon<br>\norganisme europ\u00e9anis\u00e9 ne supporterait probablement pas. Eux y vivent presque.<br>\nOn me fait la place, m\u2019oriente vers le lieu le moins us\u00e9, le moins sale. Sourires,<br>\nrespect, un moment de Vie particulier en ce lieu improbable pour le riche europ\u00e9en<br>\nque je suis.<\/p>\n\n\n\n<p>Police. Tous les 100m, la police. Dans tous les immeubles, des gardiens priv\u00e9s.<br>\nArm\u00e9s de b\u00e2tons, de fusils, de rien. Jeunes, costauds, papys, \u00e9dent\u00e9s, pas une<br>\nfemme \u00e9videmment\u2026je ne sais pas s\u2019ils sont utiles, s\u2019ils permettent de lutter<br>\ncontre la d\u00e9linquance, ou si c\u2019est un moyen de donner de l\u2019emploi. On verra \u00e7a<br>\ndans les jours qui viennent.<\/p>\n\n\n\n<p>Conduire. Le code de la route contient 2 points : Point 1 \u00e0 gauche tu conduis.<br>\nPoint 2 : en permanence tu klaxonneras. Je n\u2019ai pas trouv\u00e9, ni dans les tais ni en<br>\nles regardant conduire, d\u2019autres r\u00e8gles. Le rouge des feux doit \u00eatre une<br>\nd\u00e9coration, comme le vert et l\u2019orange. Le pi\u00e9ton n\u2019existe pas, la voiture a toujours<br>\npriorit\u00e9 sur lui. Pas simple de traverser quand on est jeune et en forme, alors<br>\nquand on est \u00e2g\u00e9 et lent, on ne traverse pas\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Repas du midi. Pas facile de trouver un endroit ou d\u00e9jeuner, la Rue ne me tente<br>\npas, je n\u2019ai pas envie de risquer mes intestins d\u00e8s le premier repas. Enfin, un<br>\nrestaurant o\u00f9 l\u2019on mange assis. Et v\u00e9g\u00e9tarien. Bond\u00e9, bruyant, vivant, empli de<br>\nsourires et de bonne humeur, je suis en Inde. Verre et couverts douteux, serveurs<br>\nt\u00e2ch\u00e9s, enfants de 16 ans qui s\u2019affairent, je suis en Inde. S\u00e9rieux britannique dans<br>\nle service : soupe, mix v\u00e9g\u00e9tarien, nan, caf\u00e9 (nescaf\u00e9 avec du lait \u00e0 la place de<br>\nl\u2019eau), l\u2019ensemble pour 3,5 !\u2026Pourboire, 50 cts d\u2019!. Sourires, on se pr\u00e9cipite pour<br>\nm\u2019ouvrir la porte, comme si j\u2019\u00e9tais un prince. Que faire, que dire, que penser ?<br>\nTemple Jain. Ferveur et tol\u00e9rance\u2026limite. Chacun est libre d\u2019entrer, de prendre<br>\ndes photos, de vivre sa vie de visiteur \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate des croyants, pour<br>\ncertains visiblement tr\u00e8s engag\u00e9s. Les mondes se croisent, se c\u00f4toient, se<br>\ntol\u00e8rent. Il n\u2019y a pas de passerelle entre es diff\u00e9rents univers car nous n\u2019avons pas<br>\nles codes, pas le temps de communiquer. Dans un temple d\u00e9di\u00e9 au dieu \u00e0 t\u00eate de<br>\nsinge et \u00e0 Shiva j\u2019ai pu \u00e9changer avec le \u00ab responsable \u00bb des lieux. Apr\u00e8s les<br>\ncivilit\u00e9s usuelles, l\u2019int\u00e9r\u00eat mutuel aux bases de la vie de l\u2019autre, est vite venue la<br>\nproposition de venir prier les dieux du site\u2026Chemin hors de ma port\u00e9e, hors de<br>\nma vision du monde. Nos univers se croisent le temps d\u2019un \u00e9change fugitif puis<br>\nchacun s\u2019en retourne \u00e0 sa Vie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"655\" height=\"647\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.26.19.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-678\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.26.19.png 655w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.26.19-300x296.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Fiers. Oui, ils semblaient fiers d\u2019avoir pos\u00e9 sur des photos. Alors plaisirs<br>\npartag\u00e9s, j\u2019ai os\u00e9, je leur ai confi\u00e9 mon appareil high tech, on a photographi\u00e9 \u00e0<br>\ntout va avec les fr\u00e8res et les cousins. Sourires, \u00e9changes fugaces futiles mais \u00f4<br>\ncombien sympathiques. Comment vis tu Bombay ? \u00ab I enjoy being in Bombay \u00bb.<br>\nWe\u2019d like to live in France. Everybody is dreaming, me of Bombay, you of<br>\nFrance\u2026We\u2019re dreaming on what we don\u2019t have\u2026We\u2019re the same, you and me\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"901\" height=\"585\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.52.31.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-645\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.52.31.jpg 901w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.52.31-300x195.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.52.31-768x499.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 901px) 100vw, 901px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Black and Yellow Cab. Fatigue, apr\u00e8s 6h \u00e0 vagabonder dans Mumbai. Cab to go<br>\nhome. Mini voiture, driver sympathique \u00e0 l\u2019anglais h\u00e9sitant. Moment de bonheur<br>\npartag\u00e9, les sourires se parlent, les Vies se racontent. 100 Roupies (1,5!). Eclat<br>\nde rire. \u00ab Je sais que \u00e7a vaut 40 roupies (compteur) mais je te les donne\u2026 \u00bb Il<br>\n\u00e9tait tellement g\u00ean\u00e9 de me demander ces 100 rupies, tellement mal \u00e0 l\u2019aise dans<br>\nce r\u00f4le d\u2019arnaqueur, il en rougissait. Que faire, que dire, que penser, comment lier<br>\nnos univers ?<\/p>\n\n\n\n<p>Journ\u00e9e. Premi\u00e8re journ\u00e9e incroyable, je pourrais repartir ce soir tellement j\u2019ai<br>\nd\u00e9couvert de choses, tellement je me suis rempli l\u2019esprit, le coeur. Mumbai avec<br>\nses gratte-ciels en construction, ses innombrables pauvres, sa Vie\u2026 Indescriptible,<br>\nces exp\u00e9riences ne peuvent que se vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Partage. Voyager seul est passionnant, grisant\u2026et frustrant. Manque le partage,<br>\nce partage qui ici est \u00e0 la fois si pr\u00e9sent entre ceux qui n\u2019ont rien et qui manque<br>\nde mani\u00e8re si criante entre ceux qui ont et ceux qui n\u2019ont rien\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"662\" height=\"456\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.28.08.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-679\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.28.08.png 662w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.28.08-300x207.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Mardi, 2\u00e8 jour \u00e0 Mumbai<br>\nS\u00e9r\u00e9nit\u00e9. La nuit a combl\u00e9 le manque de sommeil. Musique nocturne, la f\u00eate \u00e9tait<br>\nproche. Mais la fatigue a vaincu. Douche, petit d\u00e9jeuner, et let\u2019s go to Mumbai 2.<br>\nRue. La rue se l\u00e8ve, l\u2019h\u00f4tel est face \u00e0 Bombay Hospital. Sc\u00e8nes de matin qui se<br>\nl\u00e8ve, rue jonch\u00e9e d\u2019enfants, de parents, d\u2019infirmes, de malades\u2026La Rue est<br>\nbrutale, comme leur Vie\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"680\" height=\"578\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.55.04.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-647\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.55.04.jpg 680w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.55.04-300x255.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>No\u00ebl. Incredible. Des traces de No\u00ebl : des p\u00e8res No\u00ebl, des guirlandes, des \u00ab merry<br>\nChristmas\u2026 \u00bb Oui, je sais, je caricature, tous les indiens ne sont pas Hindous,<br>\nBouddhistes ou adorateurs de Krishna ou Shiva. Mais mon esprit \u00e9troit d\u2019europ\u00e9en<br>\nne peut que sur r\u00e9agir \u00e0 ces manifestations import\u00e9es des territoires o\u00f9 il a<br>\ngrandi.<\/p>\n\n\n\n<p>Rue encore. Les marchands, la Vie, tout est dans la Rue.<br>\nMarch\u00e9. Improbable trou dans le mur, une porte. Derri\u00e8re la porte, un march\u00e9.<br>\nMumbai la vraie, celle de ceux qui vivent ici. Pas de fard, pas de simili, la Vie.<br>\nPoses, ils prennent la pose avec le sourire. Une autre Vie, un autre monde, je vois<br>\nmais je n\u2019y vis pas, je ne sais pas si je pourrais y vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Rue. Cricket. Ils jouent. Sourires, photos\u2026Ils veulent \u00eatre pris en photo. Sourires.<br>\nPuis jeu partag\u00e9, pour la premi\u00e8re fois de ma vie je tiens une \u00ab batte ? \u00bb de<br>\ncricket ? Puis je lance la balle. Minutes de joie, de rires, les univers se m\u00e9langent,<br>\nla Vie est unie, unique. Que de bonheur dans ces moments, que d\u2019espoirs \u00e0<br>\npartager ces quelques instants. Le sourire rassemble les peuples, les hommes<br>\nentre eux. Est-ce une d\u00e9couverte ? Non, et Oui en m\u00eame temps. Nos univers<br>\nultraviolents sont trop peu parsem\u00e9s de sourires et de don, ici on touche es<br>\nextr\u00eames, la violence d\u2019un milliard d\u2019habitants en marche, et la joie offerte \u00e0 celui<br>\nqui passe.<\/p>\n\n\n\n<p>Rue. Enfant lav\u00e9 par sa m\u00e8re, camions surcharg\u00e9s, taxis de partout, charrettes \u00e0<br>\nbras improbables, des m\u00e9tiers impensables : aiguiseur de couteaux, porteurs<br>\nd\u2019eau, raccommodeurs, cireurs de chaussures, vendeurs en tous genres\u2026La Rue,<br>\nc\u2019est la Vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Travail. Dans le march\u00e9, une dizaine de personnes attrape un grand et un petit<br>\nmorceau de plastique. Assembl\u00e9s, les deux formant une bo\u00eete. Alors je joue avec<br>\neux. Ca y est, j\u2019i travaill\u00e9 en Inde. Eux ne font \u00e7a qu\u2019aujourd\u2019hui. Demain ? Ils ne<br>\nsavent pas. Peut \u00eatre rien. Ils m\u2019ont accueilli avec le sourire, la joie \u00e9tait partag\u00e9e<br>\nde se retrouver autour de ce job d\u2019un moment. Photos, fiert\u00e9 de poser, une fois<br>\nencore. Rien d\u2019autre que de la joie et du partage. I love Mumbai\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Gare. Mar\u00e9e humaine. Couleurs de joie, couleurs de Vie, j\u2019aime les couleurs de<br>\nl\u2019Inde. Qu\u2019il est triste, l\u2019hiver Parisien de gris et de noir v\u00eatu. Ici les couleurs<br>\n\u00e9clatent, le vert rend gai, l\u2019orange fait r\u00eaver, le jaune brille plus encore que le<br>\nsoleil, le bleu vous \u00e9clate dans les pupilles. Les trains, de 1970 \u00e0 nos jours, tous<br>\nles trains sont en gar\u00e9. et transportent depuis Victoria Station (renomm\u00e9e<br>\nChhatrapati Shivaji Terminus, mais l\u2019ancien nom reste\u2026) des centaines de milliers<br>\nde voyageurs. D\u00e9mesure de cette m\u00e9gapole humaine, rien ne se compte en unit\u00e9<br>\nici.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"486\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.29.45.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-680\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.29.45.png 660w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.29.45-300x221.png 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.29.45-203x150.png 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"659\" height=\"639\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.58.04.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-649\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.58.04.jpg 659w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.58.04-300x291.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 659px) 100vw, 659px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Tourisme. Indian Gate, Taj Mahal H\u00f4tel, Coloba. Le quartier \u00ab touristique \u00bb. A la<br>\npointe de la technologie, photo num\u00e9rique et imprimante de poche, les artisans<br>\nphotographes sont nombreux. Photos, carte postales, collier porte<br>\nbonheur\u2026haschich\u2026tout se vend ici. La mis\u00e8re est aussi un commerce, je finis \u00e0<br>\nacheter du riz et du lait pour b\u00e9b\u00e9 dans un improbable supermarch\u00e9\u2026Toute la<br>\njourn\u00e9e \u00e0 c\u00f4toyer ce monde sans rien, cette indienne au sourire sans limite a fini<br>\npar me ramener \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Combien c\u2019est difficile toute la journ\u00e9e de refuser,<br>\ncombien c\u2019est bon de se laisser aller \u00e0 un peu d\u2019humanit\u00e9, combien c\u2019est frustrant<br>\nde continuer ensuite \u00e0 refuser. Pas de solution, je n\u2019ai pas de solution\u2026<br>\nBusinessmen. Quartier des finances, des minist\u00e8res. Hommes de gris v\u00eatus,<br>\nbadges autour du cou, t\u00e9l\u00e9phone en bandouli\u00e8re, uniformes en uniforme<br>\ninternational d\u2019hommes d\u2019affaires. Par grappes enti\u00e8res ils se d\u00e9versent dans les<br>\nrues pour d\u00e9jeuner, prendre le taxi pour rentrer, ou discuter. Nous sommes<br>\nn\u2019importe ou sur la plan\u00e8te, sauf que l\u2019on sent bien que les moyens ne sont pas les<br>\nm\u00eames. Une copie ? Non, des diff\u00e9rences subtiles, avec le reste du monde, mais<br>\nun mod\u00e8le original, \u00e0 l\u2019image de ce peuple : unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Femmes. Pr\u00e8s des minist\u00e8res, jeans et chemises, maquillages, chaussures<br>\neurop\u00e9ennes, on sent la \u00ab lib\u00e9ration \u00bb. Dans les rues, les couleurs. Peu de femmes<br>\nde 20 \u00e0 40 ans. O\u00f9 peut \u00eatre que je ne sais pas lire les \u00e2ges ? Au march\u00e9 les<br>\nhommes vendent la viande, les femmes le poisson. En dehors de cet exemple<br>\npr\u00e9cis, je n\u2019ai pas vu une femme faire de commerce. Ni r\u00e9parer une roue, ni<br>\ncoudre, ni ma\u00e7onner, ni nettoyer les rues. Pas une non plus dans le personnel de<br>\nl\u2019h\u00f4tel, ni \u00e0 conduire un des innombrables taxis. Les femmes, hormis celles des<br>\nminist\u00e8res, semblent absentes ou tout au moins invisibles dans l\u2019activit\u00e9<br>\nquotidienne.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"924\" height=\"583\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.54.13.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-830\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.54.13.jpg 924w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.54.13-300x189.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2013-07-13-a-22.54.13-768x485.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 924px) 100vw, 924px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Manques. Il est difficile de s\u2019apercevoir de ce qui manque. Des fumeurs ! Je n\u2019ai vu<br>\nquasiment personne fumer. Des alcooliques dans les rues ! Pas le bouchon d\u2019une<br>\nbouteille, pas une cannette. Dans le quartier de l\u2019h\u00f4pital, pas un caf\u00e9 qui ne serve<br>\nde l\u2019alcool. Peut \u00eatre un alcool fort au \u00ab permit room \u00bb ? A l\u2019h\u00f4tel, touristes et<br>\nhauts revenus obligent, bi\u00e8re et whisky au bar. Les mondes ne se croisent pas. Au<br>\nprix de l\u2019alcool, de toute fa\u00e7on, les gens de la rue ne pourraient pas abuser<br>\nsouvent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Architecture. Les restes de l\u2019empire britannique, des gratte-ciels, des ruines, du<br>\ngrand n\u2019importe quoi, ici tout se m\u00e9lange. Le seul rep\u00e8re commun est la<br>\npoussi\u00e8re, omnipr\u00e9sente, et les d\u00e9chets, in\u00e9vitables. Le bruit, l\u2019odeur, la sensation<br>\nd\u2019\u00eatre seul face \u00e0 des milliers d\u2019autres, tout est prenant. M\u00eame l\u2019h\u00f4tel n\u2019est qu\u2019un<br>\nhavre fragile, tout le d\u00e9montre. Le bruit, la chaleur, les cris, la musique, la<br>\npoussi\u00e8re, tout entre. La douche r\u00e9paratrice n\u2019enl\u00e8ve que la couche sup\u00e9rieure,<br>\nmumbai est entr\u00e9e profond\u00e9ment en moi.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"657\" height=\"438\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.32.25.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-831\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.32.25.png 657w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.32.25-300x200.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 657px) 100vw, 657px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>S\u2019\u00e9chapper. Pour \u00e9chapper \u00e0 Mumbai, une seule solution : la quitter. Mais il<br>\nrestera des traces, il n\u2019est pas envisageable d\u2019effacer cette ville, cette Vie de sa<br>\nm\u00e9moire une fois pass\u00e9 ici. Venez, venez voir Mumbai, venez d\u00e9couvrir notre<br>\nplan\u00e8te. Je le savais, depuis mon premier passage en Inde, que c\u2019est la visite<br>\nultime, LE pays qui interpelle, l\u2019endroit unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Etranger. De passage nouveau ce soir devant le \u00ab permit room \u00bb, j\u2019y vois des<br>\nindiens attabl\u00e9s devant de grandes bouteilles de bi\u00e8re. La sc\u00e8ne de l\u2019apr\u00e8s midi<br>\nme revient. Le propri\u00e9taire m\u2019avait adress\u00e9 vers Colaba, la \u00ab zone touristique \u00bb. Je<br>\ncomprends mieux maintenant ses h\u00e9sitations et sa g\u00eane. Il ne voulait simplement<br>\npas de moi dans son \u00e9tablissement. That\u2019s life !<\/p>\n\n\n\n<p>Nuit. La nuit, je suis encore plus blanc !!Sortie de soir\u00e9e, 2 heures \u00e0 vagabonder<br>\nseul dans les rues plus ou moins \u00e9clair\u00e9es de Mumbai. Un nouveau choc : ces<br>\nfemmes, enfants, vieillards qui dorment sur le sol. Parfois sur un morceau de<br>\ntissu, sur un journal, pour certains sur une couverture. Pour d\u2019autres c\u2019est \u00e0 m\u00eame<br>\nle sol, sans rien. Et quelques centaines de m\u00e8tres plus loin les restaurants<br>\nbranch\u00e9s avec les \u00ab valets \u00bb qui vous garent la voiture et vous ouvrent les portes.<br>\nEt je me dis qu\u2019avec le prix de mon voyage une famille vit au moins un an\u2026Les<br>\nd\u00e9bats seront longs, en moi, je le sens, je le sais. Comment trouver l\u2019\u00e9quilibre<br>\nentre les d\u00e9sirs, et le respect de l\u2019autre ? Comment se payer un ulti\u00e8me voyage<br>\nquand d\u2019autres vivent dans la rue, \u00e0 m\u00eame le sol, \u00e0 quelques pas de moi ?<br>\nComment a t\u2019on pu construire un tel monde ? Depuis longtemps l\u2019\u00e9cologie est au<br>\ncoeur de ma vision de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019\u00e9cologie politique, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019\u00e9tude de nos<br>\nconditions d\u2019existence. Ici c\u2019est \u00e9vident : tout se lie. Incapacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les<br>\nd\u00e9chets, \u00e0 produire sans d\u00e9truire l\u2019homme et la nature, incapacit\u00e9 \u00e0 redresser une<br>\nsituation catastrophique, c\u2019est le syst\u00e8me entier qui doit \u00eatre repens\u00e9. Comment<br>\nces hommes, ces femmes, peuvent ils me regarder passer, parfois jouer avec moi,<br>\nposer pour une photo, accepter que je passe sans leur donner la moindre pi\u00e8ce ?<br>\nComment peuvent ils accepter de tels \u00e9carts entre eux et ceux qui les croisent du<br>\nhaut de leurs berlines, de leurs 4X4, de leurs voyages en avion, de leurs parures<br>\net v\u00eatements de luxe ? Comment peuvent ils \u00eatre si gentils et joyeux alors que<br>\nnous sommes si \u00e9go\u00efstes ?<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai oubli\u00e9: la nuit, l&#8217;odeur du tabac et de l&#8217;herbe se m\u00e9langent\u2026<br>\nJe m\u2019endors devant la TV au 56 cha\u00eenes\u2026Je suis content d\u2019\u00eatre ici, je prends une<br>\n\u00e9norme le\u00e7on de Vie\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Jour 3 dans Mumbai.<br>\n<strong>Dans. Dans Mumbai, pas \u00e0 Mumbai. Mumbai vous envahit, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019asphyxie.<\/strong> De<br>\nl\u2019enivrement du d\u00e9but \u00e0 la d\u00e9couverte paisible \u00e0 l\u2019impression qu\u2019on ne sort jamais<br>\ndu vacarme, les sensations ont fus\u00e9 en 3 jours. On est \u00ab inside \u00bb, pas de repos,<br>\npas de r\u00e9pit, cette ville est un ventre, tant qu\u2019on est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur on la vit<br>\nintens\u00e9ment, il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9chappatoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cour des miracles. La rue devant l\u2019h\u00f4tel, c\u2019est la cour des miracles. Face \u00e0 l\u2019h\u00f4tel,<br>\nl\u2019entr\u00e9e du Bombay Hospital. La rue devant, une \u00e9norme salle d\u2019attente pour<br>\nd\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, malades, handicap\u00e9s, traumatis\u00e9s, morts en sursis, qui y passent le<br>\njour et la nuit. Pour le pris de la bouteille d\u2019eau fra\u00eeche \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, la famille mange<br>\ntoute la journ\u00e9e\u2026Mais que faire, une fois de plus, devant le nombre ? Ils sont des<br>\ncentaines juste dans cette rue. Et je ne suis pas encore all\u00e9 \u00e0 Dharavi, le plus<br>\ngrand bidonville d\u2019Asie\u2026J\u2019appr\u00e9hende, je l\u2019avoue, cette rencontre\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"657\" height=\"300\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.33.11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-682\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.33.11.png 657w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.33.11-300x137.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 657px) 100vw, 657px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Poussi\u00e8re. Ne fois de plus elle est partout. Du bateau on voit un voile flotter au<br>\ndessus, sur, dans la ville\u2026Poussi\u00e8res, pollutions, une fois de plus la r\u00e8gle se<br>\nconfirme : les plus pauvres subissent de plein fouet la pollution d\u2019un mode de vie<br>\nen inad\u00e9quation totale avec ce que l\u2019on pourrait d\u00e9nommer sain, serein, vivable,<br>\nviable\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"920\" height=\"619\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.01.58.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-652\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.01.58.jpg 920w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.01.58-300x202.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.01.58-768x517.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 920px) 100vw, 920px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dabbawallahs. La nourriture est faite par les familles en banlieue, ou cuisin\u00e9e par<br>\nune caste de cuisiniers. Elle est transport\u00e9e, dans des petits sacs, des gamelles,<br>\nen train jusque Churchgate, et l\u00e0 sur le trottoir elle est distribu\u00e9e \u00e0 d\u2019autres<br>\nporteurs. Ils iront jusque dans les bureaux d\u00e9poser le repas de midi. Ballet<br>\nincroyable, survivant d\u2019un temps qui s\u2019efface malgr\u00e9 tout peu \u00e0 peu. Les marchand<br>\nd\u2019eau, tout proches, ont eux disparu il y a peu. Les Dabbawallahs prennent le<br>\nm\u00eame chemin, celui du souvenir. La voiture, le mode de vie \u00ab occidental \u00bb,<br>\nam\u00e8nent d\u2019autres moyens de se nourrir, de se v\u00eatir, de partager, de vivre.<br>\nElephanta Caves. Bateau, et arriv\u00e9e sur une des destinations touristiques de<br>\nMumbai les plus pris\u00e9es de touristes \u00e9trangers et indiens. Je ne m\u2019\u00e9tais pas<br>\naper\u00e7u, les jours pr\u00e9c\u00e9dents, qu\u2019il y avait d\u2019autres blancs \u00e0 Mumbai. Ici on les<br>\ncroise, guide \u00e0 la main. Elephanta est un vaste d\u00e9potoir\u2026Les caves sont<br>\nhistoriques, et dans un \u00e9tat de d\u00e9labrement avanc\u00e9. Entr\u00e9e 10 Roupies (0,15!),<br>\npour les natives, et 250 (4,25!) pour les foreigners. Je ne sais pas quoi en penser.<br>\nSauf que ce site va probablement dispara\u00eetre si on ne le nettoie pas. Bref, je<br>\npr\u00e9f\u00e8re les Rues de Mumbai. J\u2019ai coch\u00e9 \u00ab Elephanta caves \u00bb dans mon guide, mais<br>\nsi j\u2019aurai su, j\u2019aurai pas venu !<\/p>\n\n\n\n<p>Pri\u00e8re. Taxi pour rentrer, 3 jours de marche \u00e7a use les mollets. Et manger des<br>\nl\u00e9gumes, des l\u00e9gumes, des l\u00e9gumes\u2026Heureusement il y a le riz, les naan et les<br>\npuri pour donner de \u2018\u00e9nergie. Et ma petite (!) bi\u00e8re le soir en rentrant \u00e0 l\u2019h\u00f4tel.<br>\nTravers\u00e9e d\u2019une partie de la ville, je ne comprends pas comment le chauffeur a<br>\nfait pour ne toucher aucune autre des voitures ! Incredible !! Pli\u00e9 en 4 dans la<br>\nvoiture de taille man\u00e8ge, j\u2019observe les pieds des pi\u00e9tons, et difficilement les rues,<br>\nquand je me plie vraiment fort. A l\u2019arriv\u00e9e, je demande le prix. Consultation du<br>\nguide officiel en papier par le chauffeur. Je connais les prix maintenant, c\u2019est le<br>\nmontant qui est indiqu\u00e9 sur le compteur multipli\u00e9 par 13 environ. Et il m\u2019annonce<br>\n40 rupies. Le vrai prix, l\u00e0 ou hier son coll\u00e8gue tremblotant m\u2019en avait annonc\u00e9<br>\n100. Je lui en donne 100, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 \u00e7a doit payer ! Il se signe 4 ou 5 fois, prie<br>\ntout haut\u2026je ne sais plus quoi penser, quoi faire, quelle plan\u00e8te de fous, comment<br>\navons nous pu construire tout cela ?<br>\nCe soir un peu de repos, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, et d\u2019ici demain midi je construis le reste du<br>\nvoyage.<\/p>\n\n\n\n<p>Day 4, the 31 of December 2009<br>\nEnglu\u00e9. Je suis englu\u00e9 dans Mumbai. On ne put d\u00e9crire Mumbai, il faut le vivre, il<br>\nfaut la vivre. Chaque minute est une d\u00e9couverte, chaque rue ouvre de nouvelles<br>\nperspectives, chaque pas offre un nouveau spectacle. Cette ville est si vivante, si<br>\nextravagante, tellement loin de tous mes rep\u00e8res, elle me perturbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Odeurs. A nouveau elles sont partout, puissantes. Sur le port, avec les p\u00eacheurs,<br>\nelles \u00e9taient d\u2019une violence rare. De longues minutes apr\u00e8s j\u2019en \u00e9tais encore<br>\nimpr\u00e9gn\u00e9. M\u00eame la douche ne donne que l\u2019illusion de quitter la poussi\u00e8re et les<br>\nodeurs de Mumbai. Il faudra plusieurs jours pour que tout s\u2019estompe, pour que la<br>\npeau et l\u2019esprit retrouvent le calme, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, se sentent propres.<\/p>\n\n\n\n<p>Rue. Elle est de plus en plus violente. Ces familles qui y vivent, ces enfants nus et<br>\nsales qui y survivent, ces vieillards qui y \u00ab font \u00bb les poubelles, ces jeunes femmes<br>\navec leurs enfants en bas \u00e2ge, comment font ils pour \u00ab vivre \u00bb ? Je ne sais pas si<br>\nc\u2019est le terme appropri\u00e9\u2026Ils n\u2019ont rien qu\u2019un morceau de tissu en guise de<br>\nv\u00eatement, quelques cartons et couverture en guise de \u00ab maison \u00bb\u2026Les regards<br>\ndeviennent insupportables : je ne m\u2019habitue pas. Bien au contraire tout cela<br>\ndevient oppressant\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"662\" height=\"470\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.34.10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-683\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.34.10.png 662w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.34.10-300x213.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Couple. Deux jeunes, main dans la main. Ils sont beaux, ils sourient, ils d\u00e9fient les<br>\nmillions de ceux qui les entourent en assumant publiquement leur envie d\u2019\u00eatre<br>\nensemble. S\u2019en rendent ils compte ? Je ne sais pas, en tout cas cette minute de<br>\nfraicheur est un havre de qui\u00e9tude dans l\u2019enivrante Mumbai.<br>\nRepas. Au pied des immeubles d\u2019affaires, je retrouve les Dabbawallahs. Ils<br>\narrivent en courant avec leurs charrettes pleines de gamelles. Les autres mangent<br>\ndebout, dans la rue. Une assiette en m\u00e9tal avec des s\u00e9parations, pour poser un<br>\npuri, o\u00f9 une esp\u00e8ce de cr\u00eape\/chips de 30 cm de long craquante, et un m\u00e9lange<br>\nde ? L\u00e9gumes, riz viande ? On mange avec la main droite. Puis un peu d\u2019eau pour<br>\nlaver la main, et on repart au travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Gardiens. Je ne sais pas combien il y a de gardiens \u00e0 Mumbai. C\u2019est probablement<br>\nle m\u00e9tier le plus important en nombre, avec les chauffeurs de taxis et les<br>\nmarchands de rue ? Je les vois assis, ou d\u00e9ambulant lentement le long des<br>\nimmeubles ou \u00e0 proximit\u00e9 des grilles d\u2019entr\u00e9e. Il y en a quasiment \u00e0 chaque<br>\nimmeuble, chaque commerce un peu chic. Plusieurs pour les grands immeubles.<br>\nIls sont arm\u00e9s pr\u00e8s des sites gouvernementaux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"658\" height=\"483\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.35.46.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-684\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.35.46.png 658w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.35.46-300x220.png 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.35.46-203x150.png 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 658px) 100vw, 658px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Voitures. Je ne sais pas comment je fais pour \u00eatre encore en vie. Les voitures sont<br>\nfolles, le pi\u00e9ton n\u2019existe pas. La plupart des travers\u00e9es est une course, n\u00e9cessite<br>\nune attention soutenue. Vers 13h 30, faim et fatigue aidant, l\u2019attention tombe, le<br>\nrisque est certain. Manger n\u2019est pas une option. Pour rester lucide, \u00e9veill\u00e9, apr\u00e8s<br>\nles 4h de marche du matin, il faut un peu de repos et de nourriture. La journ\u00e9e<br>\nsera longue, nous sommes le 31. Impossible de s\u2019en rendre compte, ici. Chaque<br>\njour semble \u00eatre comme la veille et comme le lendemain. Que ferai-je ce soir,<br>\npour le r\u00e9veillon ? Rien\u2026Juste aller marcher sur le front de mer, \u00e0 Marine Drive,<br>\npour partager un morceau de la nuit avec les habitants de Mumbai\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Don.<\/strong> Le nombre de mendiants est incroyable. De quoi vivent ils ? Je vois des<br>\nindiens donner de l\u2019argent, donner des repas. Je vois un indien en costume<br>\ns\u2019approcher d\u2019une vieille femme, ses enfants, ses petits enfants, tous dans la rue.<br>\nIls sont pr\u00e8s de 3 vaches. L\u2019homme sort des boulettes pour nourrir les vaches, les<br>\ntouche du bout des doigts. Il donne de la nourriture \u00e0 la famille, laisse un billet \u00e0<br>\nla vieille femme. Il poursuit ensuite son chemin. Tout semble si normal, et<br>\npourtant\u2026Donner reste si rare\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9tiers. Perch\u00e9e sur son tabouret, une jolie femme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es tape<br>\nsur une machine \u00e0 \u00e9crire. On se presse autour d\u2019elle, une brass\u00e9e de papiers dans<br>\nles mains. Lunettes sur le nez, elle ressemble \u00e0 une institutrice, ou \u00e0 un avocat,<br>\npeut \u00eatre est elle un peu des deux ? Un photocopieur hors d\u2019\u00e2ge dans la<br>\n\u00ab boutique \u00bb d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, c\u2019est un \u00ab Xerox Center \u00bb ! Dans la rue des dizaines de<br>\nmachines \u00e0 \u00e9crire pos\u00e9es sur des cartons o\u00f9 des petites bo\u00eetes en bois. Les<br>\nhommes sont assis par terre, et tapent sous les ordres des clients debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9<br>\nd\u2019eux. Plus loin les cireurs de chaussures, les marchands de chaussures, les<br>\nmarchands en tout genre, ceux qui cuisinent, ceux qui raccommodent. Les trieurs<br>\nde papiers, beaucoup sont des femmes. Assis au milieu de tas de papiers<br>\ngigantesques, ils trient : papier blanc d\u2019un c\u00f4t\u00e9, carton, papiers de couleur de<br>\nl\u2019autre, etc\u2026Les balayeurs : agents publics, avec un bout de tissu devant la<br>\nbouche pour \u00e9viter d\u2019avaler la poussi\u00e8re qu\u2019ils ne font que d\u00e9placer vers la route,<br>\net que les voitures leur renvoient immdiatement. Uniforme, balai, ballet de<br>\nl\u2019inutile.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00f4tel. C\u2019est un refuge, le lieu ou je me ressource quand la pression de Mumbai<br>\ndevient trop forte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Rue m\u2019ab\u00eeme, je ne vois pas comment on peut en sortir ceux qui y vivent, ou<br>\nplut\u00f4t qui y meurent petit \u00e0 petit. On ne na\u00eet pas \u00e9gaux, et c\u2019est peu de le dire<\/strong>.<br>\nIci<br>\nje touche \u00e0 la mis\u00e8re, \u00e0 la limite de la vie et de la mort. La fronti\u00e8re de<br>\nl\u2019acceptable est pulv\u00e9ris\u00e9e. Je savais, mais je ne savais pas que \u00e7a ferait aussi<br>\nmal. Venez \u00e0 Mumbai, venez prendre conscience de ce qu\u2019est notre monde. Un<br>\njeune arborait un t-shirt ce matin : \u00ab We are the world \u00bb\u2026<br>\nCe soir, c\u2019est r\u00e9veillon. C\u2019est une nuit comme les autres. Demain, c\u2019est un jour, un<br>\njour comme les autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Day 5, The 1st of January 2010.<br>\n20heures. Il est 20 heures et j\u2019ai encore l\u2019odeur de Dharavi sur moi, en moi. Je<br>\nn\u2019ose raconter la couleur de l\u2019eau qui s\u2019\u00e9coulait, sous la douche, ni la couleur du<br>\nmouchoir\u2026Pourtat je n\u2019y suis rest\u00e9 que quelques heures\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Photos. Celles qui suivent ne sont pas toutes de moi, il est \u00ab interdit \u00bb d\u2019en<br>\nprendre. Le guide fut tol\u00e9rant. Il est amoureux, il a fait sa demande hier\u2026Il est<br>\ntout guilleret, m\u00eame si la belle l\u2019a mis e attente ! Je lui apprends et griffone<br>\nquelques mots de fran\u00e7ais. Il est heureux, avec \u00e7a c\u2019est s\u00fbr il va l\u2019impressionner !<br>\nChurchgate station. Le voyage commence. 12 Rupies (0,18! l\u2019aller retour, deux<br>\ntrajets de 30 mn).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"905\" height=\"527\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.08.08.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-658\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.08.08.jpg 905w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.08.08-300x175.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.08.08-768x447.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 905px) 100vw, 905px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Arriv\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cor. Le d\u00e9cor est plant\u00e9. 1 million d\u2019habitants dans le plus grand slum du<br>\nmonde. On y vit. On y travaille. Le guide est fier d\u2019annoncer 6,5 Millions de dollars<br>\nde CA annuels dans Dharavi. Ici on ne reste as \u00e0 rien faire, il faut casser l\u2019image<br>\nde l\u2019Indien fain\u00e9ant dans les bidonvilles !<\/p>\n\n\n\n<p>Cin\u00e9ma. Mais sur \u00e9cran TV, plus petit qu\u2019un vrai \u00e9cran donc moins cher. Dans les<br>\nrues les enfants jouent aux billes, et viennent nous faire de brillantes<br>\nd\u00e9monstrations de toupie. Sourires, tout au long du trajet de joyeux \u00ab Hi, how are<br>\nyou ? \u00bb et des poign\u00e9es de mains par dizaines. Nous voir est un spectacle\u2026<br>\nRecyclage. Rien ne se jette \u00e0 Mumbai. Le business n\u00b01, ici c\u2019est le recyclage du<br>\nplastique. Tri\u00e9 et d\u00e9coup\u00e9 \u00e0 la main, broy\u00e9 en machine, il repart vers les<br>\nindustries pour redevenir du plastique. Mouchoirs d\u00e9risoires pour se prot\u00e9ger des<br>\npoussi\u00e8res\u2026Coques d\u2019ordinateurs, caisses de Pepsi, tout ce qui est plastique,<br>\ncollect\u00e9 \u00e0 la main dans Mumbai, finit ici.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"955\" height=\"605\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.06.29.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-656\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.06.29.jpg 955w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.06.29-300x190.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.06.29-768x487.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 955px) 100vw, 955px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Fum\u00e9es. Des bo\u00eetes de peinture. Pour les remettre \u00e0 \u00ab neuf \u00bb on les br\u00fble. Ca<br>\nd\u00e9colle l\u2019emballage, br\u00fble les restes de peinture. Ensuite, \u00e0 la main, on<br>\nd\u00e9bosselle\u2026Incroyable\u2026Tout ce qui est alu est \u00e9galement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, cass\u00e9, broy\u00e9<br>\net finit en ligots d\u2019alu qui repartent vers les industries. Et les hommes au milieu de<br>\n\u00e7a ?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Bo\u00eetes. Pour les huiles v\u00e9g\u00e9tales, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es dans tous les restaurants.<br>\nTravail. Ici on travaille \u00e0 l\u2019ann\u00e9e, ou au jour. Ou dans les usines d\u2019Etat. Entre 100<br>\net 150 roupies par jour (1,5 \u00e0 2,25!). Tous les m\u00e9tiers existent \u00e0 Dharavi :<br>\ncoiffeurs, barbiers, cuisiniers, laveurs de linge. Le fer \u00e0 repasser est mani\u00e9 par les<br>\nhommes. Il est chauff\u00e9\u2026au charbon de bois\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Industrie. Les clients sont des industriels. Ils viennent r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 vil prix de la<br>\nmati\u00e8re recycl\u00e9e o\u00f9 des produits finis. Un gamin de 14 ans agrafe \u00e0 la machine<br>\ndes cartons d\u2019emballage. Toute la journ\u00e9e, debout, \u00e0 agrafer. Ici des hommes<br>\ncousent. Je ne sais pas pour quelle marque de v\u00eatements.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"831\" height=\"475\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.07.11.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-657\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.07.11.jpg 831w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.07.11-300x171.jpg 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2013-07-13-a-23.07.11-768x439.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 831px) 100vw, 831px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Recyclage. Tout se recycle, m\u00eame les pierres mal taill\u00e9es reviennent ici.<br>\nRivi\u00e8re. Une rivi\u00e8re traverse Dharavi. Depuis Delhi il y a 17 ans je n\u2019avais jamais<br>\nrien vu de tel. Y mettre le bout du doigt, c\u2019est la maladie assur\u00e9e, y tomber, c\u2019est<br>\nla mort\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Eau &amp; \u00e9lectricit\u00e9. Il y a de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 24h\/24, Dharavi assure m\u00eame en partie sa<br>\nproduction. Il n\u2019y a de l\u2019eau que 3h par jour, alors on s\u2019organise, des bacs de<br>\nstockage sont diss\u00e9min\u00e9s partout. Puis des seaux, puis des petites bassines, et<br>\nenfin des petits r\u00e9cipients en plastique. L\u2019eau finit ainsi dans les habitations.<br>\nEnfants. Ecoles, enfants en uniforme, et d\u2019autres qui jouent dans les rues. Le<br>\nguide nous annonce que tous vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, filles comprises. La plupart des<br>\nenfants sont propres, habill\u00e9s correctement. La plupart\u2026Mais il y a moins de<br>\nhaillons et de mendiants que dans Mumbai. Les conditions de vie sont<br>\nimpossibles : 40% des familles, entre 6 et 8 vivent dans 10M2\u2026Les autres, au<br>\nmaxi 20m2\u2026Dans les habitations aux portes entreb\u00e2ill\u00e9es, des Tv de temps en<br>\ntemps, un peu de mobilier, de rares tapis, et beaucoup de cartons pour vivre et<br>\ndormir. Ils ne partent pas ? Question idiote\u2026 Ils sont n\u00e9s ici, ne connaissent que<br>\nce mode de vie. Personne ne se plaint. M\u00eame quelques uns qui ont r\u00e9ussi<br>\ncontinuent \u00e0 vivre ici, pour retrouver l\u2019esprit de Dharavi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hommes. Ils sont broy\u00e9s, en sont ils conscients ? Les poumons, la peau, les yeux,<br>\nles mains\u2026<\/strong>Un homme colle des semelles de chaussures. Il se met de la colle sur<br>\nles doigts et enduit la semelle. Les potiers marchent pieds nus dans la glaise, puis<br>\npassent leur temps \u00e0 proximit\u00e9 du feu, respirant les fumm\u00e9es de la poterie, et<br>\ncelles du plastique, de la peinture qui br\u00fble\u2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"658\" height=\"489\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.37.57.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-685\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.37.57.png 658w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.37.57-300x223.png 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.37.57-203x150.png 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 658px) 100vw, 658px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Vision d\u2019horreur. Oui, ces ruelles sombrs ou vivent les habitants, avec ces rigoles \u00e0<br>\nciel ouvert au pied desquelles ils lavent le linge, cuisinent, vivent, laissent jouer<br>\nles enfants, c\u2019est pour moi l\u2019occidental une vision d\u2019hrreur. C\u2019est l\u2019image du moyen<br>\n\u00e2ge de l\u2019hygi\u00e8ne. Le d\u00e9potoir ultime existe : ce qui n\u2019est pas recyclable est mis en<br>\ntas. Un tas sur lequel les enfants jouent, et les vieillards cherchent de quoi<br>\nrecycler encore, on ne sait jamais. Mais ce tas d\u2019ordures gigantesque br\u00fble !!!<br>\nToilettes. Les toilettes publiques voient d\u00e9filer 1000 personnes par jour par<br>\ntoilette. 27% des habitants pr\u00e9f\u00e8rent faire leurs besoins dehors. L\u2019odeur est<br>\nparfois intenable, \u00e0 proximit\u00e9 des toilettes, des endroits o\u00f9 s\u00e8chent les cordages,<br>\nou l\u2019on traite les peaux, o\u00f9 l\u2019on tue les ch\u00e8vres\u2026Au milieu un homme se brosse les<br>\ndents, d\u2019autres se lavent, se font raser, se font coiffer. Les ONG aident les \u00e9coles,<br>\nil y a une salle pour accueillir ceux qui veulent aller sur internet, et m\u00eame des<br>\nconseils pour le \u00ab d\u00e9veloppement personnel \u00bb. Le midi, les hommes et les enfants<br>\nrentrent manger en famille. La vie, sous certains aspects, est la m\u00eame partout sur<br>\nla plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dharavi. Cet endroit ne s\u2019oublie pas.<\/strong><br>\nCe morceau de plan\u00e8te, Mumbai et ses environs, est incroyable. La vie grouille, la vie explose de partout. La mort, la<br>\nvieillesse, la mis\u00e8re c\u00f4toient la Vie, la jeunesse, la richesse. Tout vous saute aux<br>\nyeux, vous prend \u00e0 la gorge. Dharavi ne se raconte pas. Mumbai ne se raconte<br>\npas. Il vous faut venir les vivre\u2026C\u2019est une exp\u00e9rience incroyable.<br>\nPoignard\u00e9. Oui, cette ville m\u2019a poignard\u00e9. Il faut oser la regarder, entrer dans son<br>\nventre, la laisser vous remuer les tripes. Mais elle est tellement violente que<br>\nl\u2019impression est celle d\u2019un coup de poignard dans ma vie. <strong>Comment vivre avec<br>\nMumbai, comment vivre loin de Mumbai ?<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"655\" height=\"486\" src=\"http:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.39.14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-833\" srcset=\"https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.39.14.png 655w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.39.14-300x223.png 300w, https:\/\/thierrydenys.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Capture-decran-2023-10-16-a-12.39.14-203x150.png 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 655px) 100vw, 655px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" 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Odeur. A peine pos\u00e9 sur la piste, l\u2019avion est pris dans l\u2019odeur de l\u2019Inde. Impossible d\u2019y \u00e9chapper. Permanente, parfois forte et d\u00e9sagr\u00e9able, elle me semble unique. M\u00e9lange de chaleur, d\u2019\u00e9pices et d\u2018incapacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer la vie d\u2019un milliard d\u2019habitants, c\u2019est la premi\u00e8re sensation \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e. Rep\u00e8res. De suite ils manquent, de suite tout est diff\u00e9rent, tout va vite. La vie grouille, la foule t\u2019emporte, le flot ininterrompu d\u2019hommes, de femmes, de voitures, de bus, de taxis te saisit. Impossible de prendre le recul n\u00e9cessaire, de r\u00e9fl\u00e9chir, je suis dans un taxi\u2026trop cher\u2026\u00e0 peine arriv\u00e9, l\u2019arnaque des plus classiques, le taxi&#8230;Peu importe, c\u2019est la loi ici, si tu h\u00e9sites on r\u00e9tablit d\u2019une miette l\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019ultra riche que tu es et l\u2019ultra pauvre qui conduit le taxi. Homme avenant, ouvert, il me raconte sa famille, sa vie, son m\u00e9tier, son salaire. 53 ! par mois, et il estime que c\u2019est un bon salaire\u2026Son patron, le propri\u00e9taire du taxi, m\u2019a fait payer 15! de plus que le prix normal. Je lui laisse quand m\u00eame un bon pourboire\u2026 Choc. Premier contact avec la ville, depuis le taxi. La ville se l\u00e8ve. Une couche de brouillard m\u00eal\u00e9e de poussi\u00e8re flotte au dessus de nous, elle semble pr\u00eate \u00e0 se poser \u00e0 tout moment, \u00e0 s\u2019installer au coeur de la ville. Le soleil chassera la brume, d\u00e9posera la poussi\u00e8re sur le sol. 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