…de la terre ou se font les arbres

Pour parler des gens d’ici, faut-il être né ici, avoir grandi ici ?
Comment faire lorsque l‘on est un immigré, un déraciné, un nomade ?
Comment faire lorsqu’on est d’un autre monde, lorsqu’on vit un autre monde, lorsque l’on rêve d’un autre monde,
….pour parler des gens qui sont l’ici du moment ?

Je ne sais…mais au fond, quelle importance ?

Oui, quelle importance ? Car fi de ce qui différencie les gens d’ici des gens d’ailleurs, fi des nationalismes, des régionalismes, des « particularités » culturelles, politiques ou religieuses, fi de ce qui nous sépare, nous amène à nous déchirer, nous haïr, nous mentir, nous détruire.
Parlons ici de notre commun, de ce qui nous oblige à être tous des gens d’ici, qui nous condamne tous à être en de nombreux points semblables.

Mon ici, c’est la terre

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Le choc Mumbai…

Premier Jour à Mumbai.
Odeur. A peine posé sur la piste, l’avion est pris dans l’odeur de l’Inde. Impossible
d’y échapper. Permanente, parfois forte et désagréable, elle me semble unique.
Mélange de chaleur, d’épices et d‘incapacité à gérer la vie d’un milliard
d’habitants, c’est la première sensation à l’arrivée.

Repères. De suite ils manquent, de suite tout est différent, tout va vite. La vie
grouille, la foule t’emporte, le flot ininterrompu d’hommes, de femmes, de
voitures, de bus, de taxis te saisit. Impossible de prendre le recul nécessaire, de
réfléchir, je suis dans un taxi…trop cher…à peine arrivé, l’arnaque des plus
classiques, le taxi…Peu importe, c’est la loi ici, si tu hésites on rétablit d’une
miette l’équilibre entre l’ultra riche que tu es et l’ultra pauvre qui conduit le taxi.
Homme avenant, ouvert, il me raconte sa famille, sa vie, son métier, son salaire.
53 ! par mois, et il estime que c’est un bon salaire…Son patron, le propriétaire du
taxi, m’a fait payer 15! de plus que le prix normal. Je lui laisse quand même un
bon pourboire…

Choc. Premier contact avec la ville, depuis le taxi. La ville se lève. Une couche de
brouillard mêlée de poussière flotte au dessus de nous, elle semble prête à se
poser à tout moment, à s’installer au coeur de la ville. Le soleil chassera la brume,
déposera la poussière sur le sol. Elle sera partout, ensuite, toute la journée,
projetée sur les hommes par le mouvement incessant.

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Le 5è continent

Mon 5è Continent. Joie d’enfant, joie sans prétention, juste du plaisir, « que du bonheur… ». Si je compte bien tout y est au niveau terrestre, au niveau des mers cela fait 3 Océans, me reste à oser le maillot de bain dans les Océans Arctique et Antarctique ….


Je me suis aperçu par hasard il y a quelques heures, sur un Ferry qui me ramenait vers le centre de Sydney que j’avais accosté sur chacun des 5 continents de cette planète Terre. Après quelques heures de marche pour me faire le plaisir d’une vue sublime sur la grandiose baie de Sydney, je sortais d’admirer les surfeurs à Mainly, magnifique plage du Pacifique et je rêvassais sur le ferry..
5 Continents et 3 Océans…Mais encore ?
Et bien il me reste donc à relever le défi des 2 derniers Océans, après tout il me reste de nombreuses et belles années à vivre, et comme je n’ai envie ni d’une grosse voiture ni de 3 écrans plasma (j’en suis resté au plasma mais il y a peut être de nouvelles technologies pour regarder la soupe à la télé ?) ni de ….ça devrait être possible. En fait peu importe d’avoir accosté sur 5 continents, je m’en suis aperçu par hasard parce que je l’ai fait par hasard. Le seul choix conscient, c’est d’avoir choisi de voir le monde, d’essayer de le comprendre. Et la Terre me passionne, du désert de sable au désert de glace, de ses constructions naturelles à celles de l’homme.
Le pied sur le 5è Continent, l’heure d’un premier bilan ? Le terme est excessif, disons une première réflexion. Attention, j’ai peur que ça ne fasse un peu mal…

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Lever de soleil sur la brousse

Lever de soleil sur la brousse, africaine, perche au dessus d’Olifants River…

La vue porte au delà du possible, la Réunion toute entière, l’île ou je vis essentiellement, tiendrait dans ce point de vue. On naît, on est, on reste tout petits face à de tels endroits, on se rend compte de notre vanité…la Terre nous survivra. Elle vient brutalement de me le rappeler.
La puissance de la nature à chaque instant ici se révèle, m’éblouit…

La rencontre de la Hyène. Ce face à face dans la nature hier, fut une révélation. Je ne savais pas que pouvait exister une telle puissance, une telle férocité. Hommes des villes, nous ne pouvons que trembler et fuir, cette Terre nous échappe.
Je suis vivant, très vivant…Ici tout est vie, je redécouvre la Terre…une autre Terre. C’est éblouissant, rassurant, déstabilisant. Le monde est si multiple, complexe, souvent nous en sommes si loin. Nous le piétinons sans le regarder, sans l’aimer, sans même souvent nous rendre compte qu’il existe…

J’ai aimé cette nouvelle rencontre avec la Terre.

Je retourne chez les Hommes. Nombreux sont ceux qui vivent, nombreux sont ceux qui survivent, nombreux sont ceux qui ne font que passer sans s’arrêter, sans regarder.
Il est des rencontres importantes, nul doute que je me souvienne longtemps de l’Afrique du Sud, de sa beauté, de sa Nature, de sa violence.

Rencontre duale : Humanité, inHumanité….en un même lieu, en un même temps, avec les mêmes personnages. Le théâtre de l’histoire ici s’est déchaîné, dans tous les sens de ce mot. Folie meurtrière, folie dévastatrice, folie de l’espoir, in fine la folle Utopie a vaincu, quelle leçon d’Humanité nous donne ce peuple Noir…

Déambulant dans le centre ville de Johannesbug…Regard éperdu en marchant seul dans le centre piétonnier de Prétoria… La même sensation deux fois : pas un blanc à l’horizon, une foule qui me croise, souvent indifférente, parfois un regard interrogateur.
Alors un sentiment de gêne, de ne pas être tout à fait à ma place, l’histoire me fait blanc, si blanc…je suis au cœur de l’Histoire.
Musée de l’apartheid. Apartheid, pour moi avant c’était un mot, un concept, un ailleurs.

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